Histoire de la tribu des Ghomara - 8 - Abou Zaïd Al-Ghumari Historien de la Sicile Musulmane


Abou Zaïd Al-Ghoumari Historien de la Sicile Musulmane



                                                                                                    

La Sicile a été conquise en l’an 902 par l'Emir Aghlabide « Ibrahim II ». Elle a été gouvernée aussi bien par les Aghlabides que par les Kalbites.

« Entre l’an 831 à 1071, Palerme est une ville musulmane ; la conquête ouvre la Sicile à une forte immigration venue d'Afrique du Nord. Pendant quelques décennies, les réformes des Fâtimides permettent l'apparition d'une civilisation urbaine qui va multiplier les échanges avec les villes musulmanes du bassin méditerranéen », nous informe Henri Bresc, Professeur à l'Université de Paris X et Directeur du Centre d'Histoire Sociale et Culturelle de l'Occident. 

La conquête musulmane puis les réformes des Fâtimides ont aussi permis, sur le modèle des grandes réformes Abbassides, une révolution culturale indispensable au développement commercial et à l'acculturation urbaine : 

La Sicile s’est intégrée dans le mouvement commercial du monde musulman. Elle exporte en particulier vers l'Orient des soieries précieuses. Il en résulte une économie agraire « en peau de léopard » qui multiplie les zones irriguées, où s'implantent les nouvelles cultures, iraniennes et indiennes, comme la canne à sucre, présente dès l'an 910, le henné, l'indigo, le coton, les nouvelles espèces de légumes, et où se développent les agrumes, déjà présents dans le monde romain
.

Le mûrier à ver à soie, importé aussi en Méditerranée par Byzance, occupe une place capitale dans l'économie de la Sicile orientale et en Calabre. 

Les jardins jouent donc un rôle nouveau, attesté par le vocabulaire arabe passé dans la langue sicilienne, mais l'essentiel demeure la céréaliculture.

La prospérité commerciale est alors à son zénith.


Au témoignage du géographe « Ibn Hawqal » qui visite Palerme en L'an 973, on n'y compte pas moins de trois cents maîtres d'école. La mosquée principale regroupe sept mille auditeurs et la ville recense trois cents oratoires. 

M. Aziz Ahmed, Professeur des Etudes Islamiques à l’Université de Toronto, a rédigé un livre intitulé «La Sicile Islamique».
  

Dans le chapitre dédié à la question de la vie intellectuelle de la Sicile pendant la période musulmane, il nous informe que plusieurs facteurs ont favorisé à l’éclosion des sciences et des lettres en Sicile. Il précise que l’élite de la société, comprenait des personnalités qui étaient des écrivains et des savants à part entière. 

L’île servait de refuge aux savants et instruits persécutés en Afrique du Nord. C’est le va-et-vient de gens de culture vers la Sicile, qui a maintenu cette île dans le plein courant de la vie intellectuelle au 10ème et 11ème Siècle. 

Calligraphie MusulmaneL’île bénéficiait des lumières des courants de pensée qui s’étaient développés en :

* Afrique du Nord : Kairouan, Fès,…
* Egypte, 
* et Al-Andalus.

En plus, des centres d’activité intellectuelle dispensant des enseignements des sciences de la religion et de la grammaire, une tradition poétique naquit et se développa en Sicile. 


“Ali Ibn Hamza Al-Basri”, le célèbre philologue et narrateur du grand poète arabe Al-Moutanabi, a  émigré dans île, où il mourut en l’an 985. 

D’autres savants dans le domaine du soufisme à savoir, Abderrahmane Ibn Mohammed Bakr.

Les arts et les sciences étaient florissants en Sicile :

* Poètes : Ibn Al-Khayyat, Ibn Qatta’ et Abu Ali Al-Husayn Ibn Abdallah.

* Linguistes : Ibn Rashiq (italien d’origine, il est nait à M’sila en Afrique du Nord. Il a quitté l’Algérie fuyant l’arrivée des béni Hilal).

* Alchimie : Ibn Al-mu’addib,…

* Philosophe : Ibn Al-Birr,…

* Botanique.

* Astronomie.

* Mathématiques.

* Médecine et Pharmacopée.

* Philologie.

* Histoire.

* Géographie.

* Etc,


M. Aziz Ahmed de l’Université de Toronto, nous informe que dans le domaine de l’histoire de la Sicile Musulmane peu de textes historiques écrits par les Musulmans locaux ont subsisté à nos jours, à l’exception de :

* «L’histoire de la Sicile» rédigée par un Berbère de l’île, nommé Abou Zayd Al-Ghumari.

* La chronique dite « Cambridge Chronicle », écrite sous la Dynastie des Kalbites par un Sicilien Chrétien.

La ville de Palerme en Sicile était la rivale de Cordoue en termes d’épanouissement intellectuel...


Références :

* Aziz Ahmed "La Sicile Musulmane". 
* Henri Bresc "La Sicile Musulmane".


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